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Compte-rendu du Conseil de Direction du 23 avril 2007

  1. Décision sur la création d’un Centre de Préparation aux Concours Communautaires (CPCE)

Les concours d’administrateur de l’UE sont extrêmement séléctifs ; or, lors de la dernière procédure de recrutement, Sciences Po a obtenu un score d’admission remarquable.

C’est ce qui pousse actuellement Sciences Po à institutionnaliser et à pérénniser le dispositif.

(voir : notre compte-rendu de la Commission Paritaire du 16 mars)

Les concours communautaires sont très différents des concours administratifs français (QCM, raisonnement verbal et numérique, logique, etc.) ce qui explique la nécessité d’une préparation spécifique.

Le but de la création du CPCE est de donner plus de visibilité à la formation, et d’attirer des candidats de tous les pays de l’UE 27, y compris au-delà du vivier des diplômés de Sciences Po.

M. Jean-Paul Fitoussi a demandé si Sciences Po souhaitait élargir ses ambitions dans les dispositifs de préparation aux concours, notamment pour les concours de la Banque Mondiale, FMI ou Bureau International du Travail. Selon M. Richard Descoigns, cela n’est pas encore possible, notamment en raison du fait que ces institutions commencent à recruter à partir du niveau PhD.

InterZaide-FacVerte a souhaité obtenir des statistiques plus précises sur la part d’étudiants français et des étudiants internationaux parmi les inscrits à cette préparation, et parmi les admis au concours. En effet, les étudiants français restent largement majoritaires. InterZaide-FacVerte manifeste son souci d’assurer une réelle visibilité du CPCE auprès des étudiants internationaux, par le biais de réunions d’informations (organisées notamment dans les Premiers Cycles, dont le premier cycle Européen – Europe Centrale et Orientale de Dijon, et Franco-Allemand de Nancy).

La création du CPCE a été votée à l’unanimité.

Plus d’informations:

http://prepaconcours.sciences-po.fr/concours_europeens.htm

  1. Décision sur la création d’un Premier Cycle euro-asiatique

Le Premier Cycle euro-asiatique de Sciences Po sera créé, dans la ville du Havre, à compter de la rentrée universitaire 2007-2008. Les collectivités territoriales ont manifesté leur ferme engagement pour le financement du Premier Cycle, les locaux et les conditions d’accueil des futurs étudiants. Ce financement sera de 100% pour les dépenses d’investissement ; de plus, les collectivités financeront également les frais de fonctionnement du Premier Cycle, à la hauteur d’une dotation annuelle de 600.000euros (chiffre comparable au financement, par les collectivités, des Premiers Cycles de Dijon et Poitiers). M. Richard Descoigns souligne que l’implantation de Sciences Po dans cette région s’inscrit tout à fait dans le projet de compétitivité du Havre, ville en pleine mutation, dans un contexte socio-économique difficile. Le Havre bénéficie également d’un projet d’urbanisme très ambitieux (classé au patrimoine UNESCO), qui illustre son renouveau et son dynamisme.

Par ailleurs, Le Havre est le premier port français pour l’importation de textiles chinois. Bien que les français n’en soient pas forcément conscients, cette ville est « connue » hors d’Europe et est jumelée avec plusieurs villes chinoises ; Le Havre regroupe d’ailleurs d’importantes communautés d’immigrés asiatiques. L’Université du Havre est très dynamique, notamment au niveau du département de Langues Orientales, avec lequel Sciences Po entend nouer un partenariat étroit.

En réponse aux questions des membres du Conseil de Direction, M. Descoigns précise que les objectifs du Premier Cycle euro-asiatique, en termes d’effectifs et de croissance, seront tout à fait comparables à ceux des Premiers Cycles actuels. Il s’agira, à une écheance de 3 ans environ, d’accueillir 200 étudiants sur le campus du Havre (300 étudiants au Premier Cycle, en comptant les étudiants qui seront déja en 3e année). Ce chiffre ne doit pas sembler excessif, au vu de la très forte demande de la part des étudiants et de la pression des candidatures. La première promotion, 2007-2008, commencera par 30-40 étudiants. Malgré la proximité de l’échéance, le recrutement ne devra pas poser de problème, car Sciences Po est connu dans les pays asiatiques (notamment par les représentants de Sciences Po sur le « terrain » et par un dense réseau d’universités partenaires).

M.Jean-Paul Fitoussi a également proposé de solliciter le soutien de l’économiste Amartya Sen, qui sera présent à Sciences Po au mois de mai en tant que « professeur invité » et qui pourra mobiliser les universités indiennes pour le projet du Premier cycle euro-asiatique.

L’IEP a également rassemblé le soutien d’entreprises privées, des ambassades de différents pays asiatiques, ainsi que de diverses fondations (notamment la Fondation de Corée). Ces partenariats devraient déboucher sur des financements intéressants, qui permettront de proposer de bonnes conditions de vie et d’accueil aux étudiants du campus euro-asiatique. En outre, un nombre plus important de bourses pourra être proposé aux étudiants asiatiques (extra-communautaires).

InterZaide-FacVerte est fermement attaché à la réussite de ce projet, et nous nous impliquerons activement dans les questions pédagogiques et académiques liées à la mise en place du Premier Cycle euro-asiatique, tout comme nous l’avons fait pour soutenir et consolider l’ensemble des Premiers Cycles en région.

L’une des questions d’InterZaide-FacVerte, adréssée à la Direction, est restée sans réponse, en raison du temps limité accordé au débat : nous souhaitons savoir en quelle mesure le Premier Cycle Euro-asiatique viendrait supplanter le Programme Asiatique qui existe actuellement au Premier Cycle de Paris, ou si les deux cursus étaient destinés à coexister. Nous tenterons d’obtenir plus d’informations à ce sujet dans les jours qui suivent.

Enfin, les représentants étudiants de l’UNEF ont posé la question de la place accordée aux autres zones géographiques, notamment l’Afrique, à Sciences Po. L’une des propositions-phare du programme éléctoral d’InterZaide-FacVerte en 2007 était justement la création d’un Premier Cycle Afrique, priorité que nous avons réaffirmée à maintes reprises. Nous sommes heureux de constater que les autres organisations syndicales souscrivent à cette démarche, et nous pouvont dés à présent annoncer le lancement par Sciences Po d’un projet de Premier Cycle destiné à l’Afrique, aux problèmes du développement et aux relations Sud-Sud!

M. Descoigns a indiqué que le projet, bien que n’étant pas encore arrivé à maturité, comporte déjà un volet intellectuel (qui s’appuye sur plusieurs enseignants, notamment Christophe Jaffrelot, du CERI) et un volet administratif (la ville de Nantes ayant manifesté son interêt pour accueillir ce Premier Cycle).

InterZaide-FacVerte attend avec impatience des détails supplémentaires à ce sujet, et nous nous engageons à oeuvrer à la concrétisation de cette initiative!

  1. Présentation du MPA (Master of Public Affairs)

M. Erhard Friedberg et Mme Marina Kundu ont présenté le MPA de Sciences Po. Cette formation, proposée à des jeunes professionnels (3-5 ans d’expérience) doit devenir plus attractive, pour attirer les meilleurs candidats sur le marché mondial. Sciences Po tire un grand bénéfice de ses partenariats (LSE, SIPA, au sein du Global Public Policy Network), tant pour le recrutement que pour la qualité académique et les débouchés de cette filière.

Néanmoins, comparativement à d’autres MPA internationaux, le MPA de Sciences Po :

- se fait en 2 ans, ce qui semble souvent trop long aux entreprises ou aux institutions publiques, qui préfèrent sponsoriser leurs cadres pour des formations plus courtes (1 an maximum)

- moyenne d’âge relativement faible : 28 ans, traduit la relative faiblesse de l’expérience professionnelle des candidats. Les étudiants internationaux du MPA se disent souvent « étonnés qu’il y ait autant de jeunes ». Par exemple, pour un professionnel américain, un MPA doit être avant tout un lieu d’échange de pratiques professionnelles – or, « les étudiants trop jeunes n’apportent pas assez à l’échange » dans la mesure où leurs parcours professionnels ne sont pas assez riches. C’est une raison d’insatisfaction, et de l’insuffisante attractivité du MPA Sciences Po.


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Certaines difficultés des étudiants internationaux à apprendre le français ; risque de se retrouver dans un « îlot linguistique »

La Confédération Etudiante a interpellé la Direction quant aux critères d’admission au MPA Sciences Po: les critères valorisent très fortement l’excellence du parcours académique du candidat, mais en moindre mesure les acquis de l’expérience professionnelle. C’est peut-être là la raison d’un recrutement pas encore assez large, ou inadéquat.

M. Erhard Friedberg explique qu’il est indispensable que les candidats au MPA soient au moins titulaires d’un Bachelor. En effet, il est possible de pondérer différemment les critères d’admission et de donner plus de poids aux acquis professionnels.

Globalement, Sciences Po considère qu’il existe une marge de progression considérable sur le marché des MPA internationaux. Contrairement aux MBA, pour lesquels les « coûts d’entrée » au marché sont très élevés (formation extrêmement coûteuse à mettre en place, ne serait-ce que pour proposer un cursus de qualité « passable »), le MPA de Sciences Po a vocation à trouver une « niche » et à consolider son assise.

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